Marseille et son histoire
Fondation
Plus ancienne ville de France, Massilia a été fondée par des navigateurs venus de Phocée en Asie Mineure en 600 avant JC. Marseille, c’est pour les phocéens, habiles navigateurs et peuple méditerranéen par essence, un port orienté d’est en ouest, facile à défendre. Désireux de s’y installer, Protis le navigateur phocéen est envoyé consulter le Roi de la Ligure, Nann pour recueillir son assentiment et son amitié. La petite histoire raconte que, ce jour là, Nann marie sa fille Gyptis. Selon les coutumes de l’époque, la future mariée désigne son époux, pendant le banquet, en lui offrant une coupe de vin. Gyptis tend son verre à Protis : la fondation de Marseille nait de cette union, le territoire tant convoité par les phocéens étant offert en dot à la jeune épouse.
C’est un peu plus au Nord Ouest du Vieux Port actuel qu’est creusé le bassin qui servira de base au port marseillais. Aventuriers navigateurs, les phocéens établiront leur nouvelle cité méditerranéenne, tête de pont de leur expansion coloniale. Espagne, Languedoc, Corse ou encore Antibes seront de leurs hauts faits: la volonté commerciale des phocéens est d’ériger Massilia en place incontournable des échanges entre Méditerranée occidentale et orientale. Témoignant de ce prestige, la monnaie frappée en ces premières prospères années est aujourd’hui une preuve archéologique sans précédent de la richesse de cette époque.
Le Moyen Age
Les premiers siècles de notre ère sont autant d’épreuves pour la cité marseillaise: troubles politiques, crises, guerres civiles déchirent la ville. Alors que ces affrontements politiques nuisent à la prospère cité antique, la peste décime la population au VIe siècle, imprimant une peur du fléau chez les habitants.
L’Abbaye Ste Victoire du Marseille médiéval est le centre de l’activité religieuse en Provence où de nombreux prieurés officient. A partir du XIème siècle, mais surtout dès le XIIème, la prospérité revient et la croissance démographique redore le blason de la cité marseillaise. Au XIIIème siècle, Marseille est une République dirigée par une oligarchie marchande.
La Renaissance à Marseille
La cité phocéenne doit ses fortifications à la volonté militaire de François 1er qui, s’inquiétant des qualités défensives de la rade, fait construire la Tout St Jean. Par la suite, Louis XIV débarque à Marseille avec l’idée de faire fléchir l’indépendante Marseille: autant pour maîtriser les marseillais que pour protéger la rade des flibustiers et autres contrebandiers, il fait ériger les Fort Saint Jean et Saint Nicolas, structurant ainsi l’entrée du port. De cette politique maritime et militaire, naitra une puissante “Flotte des Galères”.
Marseille, port des Lumières
Comme aux temps le plus sombres du Moyen-Age, la peste s’abat de nouveau sur la ville en 1720, décimant un tiers de sa population. C’est suite à cet épisode malheureux qu’est réorganisé le centre ville marseillais: la Canebière, alors place se fait artère, descendant jusqu’au Vieux-Port, définissant alors le centre des affaires.
C’est en ces années que s’étend l’agglomération marseillaise, faite de bastides, à la fois demeures de production rurale et résidences familiales. Cette expansion se poursuivra au cours des XVIIIème et XIXème siècle, établissant Marseille comme une ville à l’essor fulgurant.
La prospérité marseillaise est bien ancrée dans l’Histoire. Dotée de la plus ancienne Chambre de Commerce de France, fondée en 1599, Marseille a élevé au cours des siècles sa notoriété commerciale et économique au rang mondial. Devenu un port d’échanges de produits de luxe avec la côte péruvienne et développant le commerce vers les Indes, le port marseillais a clairement fait de l’ouverture sur les mers et océans le moteur de sa croissance économique.
Marseille et les révolutions économiques
La prospérité de la cité phocéenne cause une question récurrente propre à son extension et sa situation géographique: le manque d’eau. Pour palier ce problème, sont engagés les travaux colossaux du détournement des eaux de la Durance vers Marseille. Après onze années de chantier, les eaux arrivent enfin à Marseille en 1849 et sont célébrées par le monument du Palais Longchamp achevés en 1869.
La prospérité du XIXème siècle est due à l’industrialisation de Marseille et ses fabriques: les huileries, savonneries, minoterie, raffinerie de sucre ou manufacture des Tabacs. Haut lieu d’échanges, la noblesse se mêlent à la bourgeoisie et aux négociants, se promenant et conversant sur le Cours Belsunce, discourant autour du bassin de La Plaine et dans les allées de son marché.
Au fil de cette expansion, les transports marseillais se modernisent et dynamisent l’urbanisme de la ville. La promenade de la corniche est crée en 1870 ainsi que la rue Impériale qui deviendra la rue de la République. En parallèle, est ouvert un service d’Omnibus en 1840, qui sera remplacé par le tramway en 1879, est édifiée la Gare St Charles en 1845.
A la fin du siècle, est inaugurée une navette maritime, le Ferry Boat, qui relie le Vieux Port de part en part. Le Port de Marseille connait alors une aura internationale, en devenant un “port international de commerce” et “grand port de voyageurs” avec ses lignes de paquebot ouvrant les portes de l’Extrême Orient.
Le XXème siècle marseillais
Attirés par l’activité trépidante de la ville, les nouveaux arrivants se pressent jusqu’à ce que la population compte 500 000 habitants en 1900. Les italiens sont férus de la cité phocéenne, s’y installent par dizaine, dynamisant le bâtiment et la construction grâce à leurs expertises en maçonnerie, plâtre, carrelage. Suite aux italiens, les arméniens arrivent à Marseille, à la fin des années 1910.
La seconde moitié du XXème siècle marque un tournant dans l’Histoire marseillaise. Les vieux quartiers sont détruits, ce qui provoque l’évacuation de milliers de personnes et les nouveaux migrants viennent désormais d’Afrique du Nord, de Turquie ou d’Asie. En parallèle, la décolonisation et la fermeture du Canal de Suez, dans les années soixante, amorce un changement dans les activités commerciales classiques du port marseillais. Le chômage, causé par cette mutation économique, ne sera endigué que grâce au renouveau apporté par les activités liées au pétrole qui rendront à Marseille leur rang de deuxième port d’Europe.
Les années 1980 dessine une nouvelle orientation dans la destinée marseillaise: la ville se tourne définitivement vers les nouvelles technologies, notamment avec le Technopôle de Château Gombert, deuxième pôle scientifique français. La politique urbaniste de la fin du XXème siècle, est caractérisée par le projet Euroméditerranée, qui, en dynamisant le développement économique entre le centre ville et le port, vise à faire de Marseille la figure de proue des échanges entre Europe et Méditerranée.
Ville européenne et ville mondiale, Marseille est aussi une ville à l’organisation optimisée: la Communauté urbaine « Marseille Provence Métropole » permet, en 1999, à 18 communes de l’agglomération de s’unir pour améliorer les échanges et la cohérence des projets de développement.
Sacrée capitale européenne de la culture pour 2013, Marseille poursuit son orientation vers l’Europe alors qu’elle occupe depuis plus de deux milles ans la place centrale des activités méditerranéennes.
